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Se former au management du sport : une filière qui fait ses preuves à l’Université Paris-Saclay

Formation Article publié le 10 juillet 2024 , mis à jour le 10 juillet 2024

Au cours de l’année écoulée, le Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (COJOP) a multiplié ses effectifs pour relever l’immense défi qu’est l’organisation de ce grand événement sportif mondial. Une occasion en or pour nombre d’alumni de la Faculté des sciences du sport de l’Université Paris-Saclay, qui propose tout un parcours de formation axé sur le management du sport.
(Cet article est issu de L'Édition n°24)

Les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024, ce sont près de 15 000 athlètes qui seront réunis cet été pour 29 jours de compétition sur 61 sites à travers la France. Mais ce sont aussi plus de 4 000 employées et employés du Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (COJOP) qui s’activeront en coulisses au bon déroulé des événements, y compris des alumni de la Faculté des sciences du sport de l’Université Paris-Saclay.

« Nous avons beaucoup d’anciennes étudiantes et étudiants qui ont rejoint le COJOP. Certaines étudiantes et certains étudiants des promotions de cette année y font aussi leur stage », confirme Christopher Hautbois, doyen de la Faculté. « C’est une fierté pour nous de les voir vivre un quotidien professionnel correspondant à leurs aspirations. Cela nous donne le sentiment de réussir notre mission. » Former aux métiers liés à la gestion et l’organisation des activités physiques et sportives pour tous types de public, c’est en effet l’une des missions de la Faculté, qui propose pour cela tout un parcours axé sur le management du sport.

Des diplômes à la réputation reconnue

Le parcours est intégré à la filière STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) et démarre dès le niveau licence. « La spécialisation en management du sport débute en deuxième année de licence, puis se poursuit en troisième année avec des cours entièrement orientés vers ce domaine », complète le doyen et professeur à la Faculté. Une fois la licence en poche, les diplômées et diplômés ont la possibilité de poursuivre leurs études en master, avec deux spécialisations possibles en seconde année : d’un côté le parcours SLEM (Sport, leisure and event management), de l’autre le parcours PPSOS (Politiques publiques et stratégies des organisations sportives).

« Le master 2 SLEM prépare aux métiers liés à l’événementiel sportif, au marketing sportif, au commercial sportif, au sponsoring, à l’organisation d’événements, tandis que le master 2 PPSOS prépare plutôt à travailler sur les politiques publiques ou dans des organisations sportives telles que les fédérations », éclaire Michel Desbordes, professeur et responsable du M2 SLEM. Le premier diplôme, comme le second, ne datent pas d’hier. La création du SLEM remonte à 1999, celle du PPSOS à 2004. Et les deux se sont forgés une réputation. Alors que les formations en management du sport se sont multipliées ces dernières années, notamment dans les écoles de commerce, « notre antériorité et notre réputation font partie de nos points forts », appuie Michel Desbordes. D’autant plus que les deux formations ont su évoluer avec leur temps.

Depuis 2020, le cursus du M2 SLEM, par exemple, se fait entièrement en anglais. « Dans le monde du management du sport, les équipes de travail se sont beaucoup mondialisées. En suivant les carrières de nos alumni, nous nous sommes rendu compte qu’une maitrise insuffisante de l’anglais pouvait être un frein », justifie le responsable. Grâce à cette adaptation, des étudiantes et étudiants internationaux rejoignent maintenant le master.

Se confronter dès que possible au secteur professionnel

« Quel que soit le parcours engagé, nous voulons donner la possibilité à tous et toutes de se confronter le plus tôt possible au secteur professionnel », explique Christopher Hautbois. Il s’agit là d’un autre aspect crucial de la filière Management du sport. « Grâce à notre localisation en région parisienne, nous avons tissé un réseau professionnel très important », renchérit Michel Desbordes. Des intervenantes et intervenants de tous horizons viennent ainsi chaque année parler de leur expérience auprès des différentes promotions.

Entrainement durant la Noctiraid 2024
Crédits : Faculté des sciences du sport

Mais cette découverte du secteur professionnel passe aussi et surtout par la réalisation de stages, dès la troisième année de licence et jusqu’en master. « Le parcours SLEM est divisé en six mois de cours et six mois de stage. Et le parcours PPSOS peut se faire en alternance », détaille le doyen de la Faculté. De même, dès la licence, les cursus incluent de nombreux projets à mener, dont le fameux Noctiraid. Organisé depuis quinze ans par la promotion du M2 SLEM, ce raid nocturne par équipe, mêlant trail, VTT, course d’orientation, bike and run et tir, réunit à chaque édition quelque 300 participantes et participants.

« C’est vraiment l’ADN de ce master de former ses étudiantes et étudiants à l’organisation de grands événements sportifs. Il n’y a pas toujours des Jeux olympiques et paralympiques mais il y a toujours quelque part, y compris en France, des événements sportifs internationaux à organiser », précise Christopher Hautbois. « Grâce au réseau d’alumni que nous entretenons, nous avons souvent des nouvelles des uns et des autres. Et cela nous confirme que nous avons un taux d’insertion professionnelle assez remarquable. »

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« Organiser les Jeux olympiques et paralympiques, C’est une expérience incroyable ! »

Les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024 représentent un événement exceptionnel qui ne se reproduira pas de sitôt. Mais pour certaines et certains alumni de la Faculté des sciences du sport de l’Université Paris-Saclay, c’est aussi un rêve qui devient réalité.

« Organiser les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, c’est une expérience assez folle et incroyable ! », démarre Emma Bouttier. Diplômée en 2023 de la Faculté des sciences du sport de l’Université Paris-Saclay, cette alumnus est l’une des milliers d’employées et employés du Comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques (COJOP) qui s’activent depuis des mois pour préparer ce grand évènement sportif mondial. « Je suis coordinatrice des opérations de l’un des sites olympiques et paralympiques – l’Arena Paris Nord, à Villepinte – où se dérouleront des épreuves de boxe, d’escrime, de pentathlon moderne et de volleyball assis », précise-telle. « Mon rôle est un peu d’être cheffe d’orchestre de tout le site », qui accueillera jusqu’à 10 000 spectateurs et spectatrices par jour durant les JOP. Autant dire que le défi est de taille.

En débutant son parcours en management du sport il y a quelques années, Emma Bouttier n’imagine pourtant pas s’engager un jour dans une telle aventure. « C’est en troisième année de licence que j’ai eu le déclic. Cette année-là, nous avons dû organiser des événements sportifs de A à Z et ça m’a ouvert les yeux sur ce que j’avais envie de faire à terme », se souvient-elle. « À l’Université Paris-Saclay, on a la chance de vraiment mettre en pratique ce qu’on apprend. Et c’est très formateur de se retrouver sur le terrain. On se rend compte de ce qu’on aime ou non, et de ce qu’on doit travailler. »

L’étudiante se retrouve d’ailleurs très vite sur le terrain, en licence puis en master, avec la spécialisation SLEM (Sport, leisure and event management). C’est là qu’elle réalise un stage au stade de France où elle est ensuite recrutée en tant que chargée de production évènementielle, enfilant sa première casquette de cheffe d’orchestre. « C’est un travail qui nécessite de considérer plein d’aspects différents et d’avoir une vue d’ensemble. En ce sens, j’ai beaucoup appris des événements organisés durant ma formation », assure la jeune femme qui, après les JOP, réintégrera l’équipe du stade de France.

Les JOP, une occasion rêvée pour tous les profils

Comme Emma Bouttier, Nathan Billard est sorti diplômé du master 2 SLEM en 2023. Et comme elle, il s’est lancé dans l’ambitieuse aventure des JOP 2024. « Je suis chargé de mission accréditations pour les comités nationaux olympiques et paralympiques de la zone Océanie », détaille l’alumnus. « C’est un poste prenant mais très intéressant. Il y a beaucoup d’administratif mais aussi du sport. Cela met à profit mon profil polyvalent. » En effet, Nathan Billard n’a pas réalisé tout son parcours en management du sport. C’est après six années d’études en économie, gestion et management international qu’il rejoint l’Université Paris-Saclay et le M2 SLEM.

« L’objectif était d’avoir une formation généraliste en gestion et en management avant de finaliser avec une spécialisation dans le sport », précise le jeune homme, qui a réalisé une partie de son cursus aux États-Unis et en Espagne. « Je voulais vraiment que cette septième et dernière année vaille le coup. Aujourd’hui, je ne la regrette absolument pas. Le M2 SLEM était une année riche qui m’a aidé à lever les compétences nécessaires pour travailler dans le milieu du sport. » S’il n’a pas décroché de stage au COJOP en master comme il l’espérait, le rêve a fini par devenir réalité.

« Cela fait de nombreuses années que j’avais en tête de travailler pour les Jeux olympiques. C’était une des raisons à la base de mon intégration en M2 SLEM. Après l’obtention du diplôme, j’ai retenté ma chance et la persévérance a fini par payer », se réjouit Nathan Billard, qui entend bien vivre l’aventure à fond malgré un emploi du temps très chargé.

De spectatrice à coordinatrice pour les JOP

Crédits : Tous droits réservés - Paris 2024 / Isabelle Harsin

Pour Lise Domas, aussi, participer à l’organisation des JOP de Paris 2024 est un rêve qui remonte à loin. À l’été 2012, elle assiste en famille aux Jeux olympiques qui se tiennent à Londres. « C’était une expérience incroyable et ça m’a donné envie de travailler pour les JOP », confie cette autre alumnus de la Faculté des sciences du sport. L’année suivante, elle s’inscrit en licence STAPS, puis s’oriente vers le management du sport jusqu’au M2 SLEM. En 2017, alors qu’elle réalise un stage à la Fédération française de canoë-kayak, le rêve olympique refait surface.

« Pendant ce stage, j’ai participé à l’organisation de la Journée olympique de juin 2017. C’était le tout début du processus, la candidature de Paris pour 2024 n’était pas encore acceptée », se souvient Lise Domas. Mais à l’époque, 2024 est encore loin. L’étudiante poursuit son parcours en enchaînant les expériences pour développer son réseau de contacts. « Nous travaillons dans un milieu où avoir un réseau est très important. Et notre formation nous aide vraiment à en créer un. Le fait qu’elle soit basée en région parisienne aide aussi à multiplier les expériences. »

Diplômée du master en 2018, Lise Domas occupe plusieurs postes, jusqu’à, enfin, assouvir son rêve. À l’automne 2023, elle rejoint le COJOP en tant que coordinatrice, livraison site et infrastructures pour le Golf national situé à Guyancourt. « Ma mission est de coordonner l’installation des infrastructures temporaires qui vont permettre au site d’accueillir les épreuves olympiques de golf », précise-t-elle. « C’est très prenant mais j’aime beaucoup ce que je fais. Et c’est une vraie satisfaction de voir que j’ai atteint l’objectif que je m’étais fixé il y a si longtemps. C’est aussi une expérience unique parce que ça ne se reproduira jamais. » Du moins pas en France, puisque la passionnée de sport réfléchit d’ores et déjà à renouveler son aventure olympique avec les JOP d’hiver de Milan, en 2026.

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