les dix lauréats sur scène

Starthèse 2026 : Des innovations deeptech au service de l'industrie et de la transition écologique

Innovation Article publié le 18 septembre 2026 , mis à jour le 18 septembre 2026

L'industrie et la transition écologique constituent des défis incontournables auxquels répond aujourd'hui une nouvelle génération de scientifiques. Le 7 juillet 2026, ces talents ont dévoilé leurs solutions lors de la finale du concours régional Starthèse Start’up Pitch-iD. Accueillie à la Scène de recherche - Théâtre Paris-Saclay, cette soirée a mis en compétition dix porteurs et porteuses de projets devant un jury d'expertes et d’experts. Cette initiative, impulsée par la Maison du doctorat de l’Université Paris-Saclay dans le cadre parcours entrepreneuriat deeptech du Pôle universitaire d’innovation (PUI) Innovation Alliance Université Paris-Saclay*, accompagne la valorisation des travaux de thèse vers la création d'entreprise. Focus sur trois de ces finalistes et leurs projets liés à l’industrie et à la transition écologique.

Nathan Berda - Diviser par vingt l'empreinte carbone du ciment

Avec CEMAGS, Nathan Berda conçoit un procédé de synthèse de rupture pour transformer des roches communes en un ciment écologique à prise rapide.
Après une double licence en physique-chimie à l’Université Paris-Saclay, Nathan Berda effectue un master en ingénierie des matériaux pour l'énergie. En 2024, il débute sa thèse au Laboratoire de physique des solides (LPS - Univ. Paris-Saclay/CNRS) en partenariat avec le Laboratoire de mécanique Paris-Saclay (LMPS – Univ. Paris-Saclay/CentraleSupélec/ENS Paris-Saclay/CNRS). Ses recherches portent sur l'activation mécanique de roches contenant du silicium et du magnésium afin de concevoir des liants hydrauliques (ou ciments). De ces travaux, protégés par un brevet déposé par le CNRS en 2024, découle son projet entrepreneurial.
La production de ciment classique repose principalement sur des roches calcaires qui libèrent de grandes quantités de dioxyde de carbone (CO2) lors de leur cuisson. CEMAGS valorise plutôt des roches rejetées par l'industrie car jugées trop impures, comme des déchets d'extraction de mines de talc. Le procédé consiste en un traitement thermique et mécanique ne dépassant pas les 800 °C, contrairement aux 1 450 °C nécessaires à la production de ciment traditionnel dans des fours à combustion. Cette approche technologique s'affranchissant de combustibles fossiles, couplée à l'utilisation de roches naturellement pauvres en CO2, vise à diviser par 20 l'impact carbone du ciment.

Une fois sa soutenance de thèse passée en décembre 2026, l’actuel doctorant compte étudier les meilleures pistes pour poursuivre son projet - financements de prématuration, recherche d’incubateur ou encore projets de Bpifrance. « Grâce à l'excellent accompagnement du PUI Innovation Alliance Université Paris-Saclay, je suis confiant dans l’avenir de mon projet. D’ailleurs, ma participation à Starthèse Start’up Pitch-iD a été décisive en termes d’apprentissage et pour passer de l’idée à son exploitation. » Nathan Berda se réjouit également d'avoir rencontré à cette occasion de nombreux acteurs et actrices de l'écosystème entrepreneurial et industriel.

Mateusz entrain de pitcher

Mateusz Dabrowski - Décarboner le transport maritime grâce au plasma

Avec PlasmAssist, Mateusz Dabrowski propose d'utiliser le plasma pour brûler de l'ammoniac sans émission de dioxyde de carbone dans les moteurs de navires.
Mateusz Dabrowski étudie le génie aérospatial à l'Université de technologie de Delft, aux Pays-Bas. Après une année de césure, il se spécialise en propulsion lors de son master. Il travaille ensuite dans une start-up en Suisse, puis réalise son projet de fin d'études à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) sur la dynamique des fluides. En novembre 2025, il débute son doctorat au laboratoire Énergétique moléculaire et macroscopique, combustion (EM2C - Univ. Paris-Saclay/CNRS/CentraleSupélec). Ses recherches inspirent son projet entrepreneurial : PlasmAssist.
Il s’agit de décarboner le transport maritime en utilisant l'ammoniac (NH3) comme carburant alternatif. Ce composé sans carbone évite tout rejet de de dioxyde de carbone (CO2) lors de sa combustion. Cependant, l'ammoniac brûle difficilement, les constructeurs ajoutent donc souvent un carburant fossile pilote, ce qui génère des émissions polluantes. « PlasmAssist remplace cette flamme pilote par une décharge de plasma créée entre deux électrodes. Ce procédé électrique ionise le mélange, accélère les réactions et assure une excellente efficacité énergétique sans émission carbonée ». Rétrocompatible, ce module compact s’installe directement sur les moteurs existants.
Mateusz Dabrowski, futur CTO de la start-up, planifie sa création d'entreprise à la fin de sa thèse, en 2028 ou 2029. Son équipe réunit déjà un conseiller technique et un profil commercial, et Mateusz Dabrowski recherche un conseiller opérationnel du secteur maritime. D'ici là, il souhaite nouer des contacts industriels pour obtenir un banc d'essai et réaliser une démonstration au sol.
Le concours Starthèse Start’up Pitch-iD a offert au doctorant un cadre idéal pour structurer sa démarche. « Au début, j’avais énormément d'idées mais pour bâtir un projet viable, il faut savoir choisir. L'accompagnement m'a aidé à canaliser cette réflexion et à construire un pitch solide. »

image de Nathan entrain de pitcher

Mariapia D'Urso - Un œil virtuel pour optimiser la bioproduction industrielle

Mariapia D’Urso conçoit Dynocular, un jumeau numérique qui estime en temps réel les variables biologiques non mesurables des bioréacteurs, sécurisant ainsi la fabrication de molécules thérapeutiques.
Mariapia D’Urso obtient une licence en génie chimique à l'Université de Salerne, en Italie, puis un master en bioingénierie industrielle à l'Université de Naples Federico II. Fin 2024, elle débute sa thèse en informatique au Laboratoire Méthodes Formelles (LMF, Univ.Paris-Saclay/ENS Paris-Saclay/CentraleSupélec/CNRS/Inria). Ses recherches, dédiées au développement d'un outil de suivi en temps réel des bioréacteurs pour estimer les variables biologiques internes non mesurables, donnent naissance à son projet : Dynocular.
La fabrication de molécules thérapeutiques s'effectue dans des bioréacteurs où des cellules consomment des nutriments. Suivre ce milieu est complexe car mesurer en continu la quantité de nutriments ou la croissance cellulaire est souvent impossible en ligne ou requiert des analyses hors ligne lentes. « Dynocular évite l'installation de capteurs physiques coûteux. Notre plateforme SaaS se branche sur les capteurs standard déjà présents pour récupérer la mesure de la concentration cellulaire, et l’utilise pour estimer en temps réel toutes les autres variables de culture. » Cette approche rend possible de détecter rapidement les déviations du procédé et les contaminations, afin d'intervenir à temps et d'éviter de poursuivre des lots déjà compromis, limitant ainsi les pertes financières.
D’ici sa soutenance de thèse en octobre 2027, la doctorante se concentre sur le développement de son outil, la recherche de collaborations industrielles et les jeux de données réels pour le tester. Ensuite, elle envisage de lancer sa start-up deeptech, d’y occuper le poste de CTO et de s'entourer de profils complémentaires.
Mariapia D’Urso a découvert grâce à Starthèse Start’up Pitch-iD les opportunités du transfert de technologie et échangé avec d'autres scientifiques. « Ces programmes montrent aux jeunes chercheurs et chercheuses que l'entrepreneuriat constitue une voie d'avenir pour valoriser les travaux de thèse. »

Mariapia entrain de pitcher

* Action mise en place dans le cadre du Pôle universitaire d’innovation (PUI) Innovation Alliance Université Paris-Saclay, regroupant l’Université Paris-Saclay, l’Université d’Évry, l’Université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines, AgroParisTech, CentraleSupélec, l’ENS Paris-Saclay, l’Institut d’Optique Graduate School, le CNRS, le Genopole, INRAE, Inria, l’Inserm, IncubAlliance Paris-Saclay, la SATT Paris-Saclay et dix-sept partenaires, financé par l’État dans le cadre de France 2030.